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Portraits

Portraits d'expatriés, de responsables d'entreprise ou d'association, d'entrepreneurs et de créateurs, ...

Anne Genetet, créatrice de "The Help Agency"

Dès son arrivée à Singapour, Anne Genetet est sensibilisée à la situation des employés de maison. Médecin-journaliste-consultante elle décide de se consacrer à la facilitation des relations entre les employeurs et les employées de maison en créant une agence de conseil et formation spécialisée: The Help Agency.

Lorsqu’elle s’installe à Singapour en 2005, avec ses 4 enfants, Anne Genetet a déjà accompli un parcours professionnel particulièrement riche et original guidé par la passion, plusieurs fois renouvelé, jamais interrompu par les contraintes de la mobilité. Quand elle est encore étudiante en Médecine, elle n’hésite pas à suivre aux Etats Unis celui qui deviendra son mari, poursuivant ses études par correspondance. Une fois diplômée, elle débute dans un centre de santé Croix Rouge, où elle couvre pendant plusieurs années des champs variés, s’impliquant dans l’accompagnement des toxicomanes et de personnes en difficulté sociale (RMI, sans-papier), participant au fonctionnement d’un service de PMI (protection maternelle et infantile), toujours désireuse de découvrir, d'approfondir et de continuer à se former.

Anne Garrigue, auteur de « 40 portraits d’entrepreneurs français en Asie du Sud Est ».

Anne Garrigue, journaliste et écrivain vit depuis 20 ans en Asie. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur le Japon et la Chine et a été pendant plusieurs années rédactrice en chef du magazine Connexions à Pékin. Elle publie aujourd’hui une série de 40 portraits d’entrepreneurs en Asean avec en fil rouge, cette question, qu’elle rappelle dans la préface de son livre: « qu’est-ce qui pousse à créer son entreprise et pourquoi franchir 10.000 km pour le faire?

-Comment est né ce projet ?

-Il est né d’une série d’entretiens publiés sur le site Aujourd’hui le Monde. J’ai eu envie de regrouper ces portraits d’entrepreneurs, qui prennent ainsi une nouvelle dimension: plus sociale, plus forte. J’ai souhaité le faire sous la forme d’un livre, parce que le papier, comme support, est complémentaire du numérique. Le livre permet de se poser, de réfléchir.

Emilie Lancelot-Jouno, créatrice du réseau Singafrog à Singapour

Singapour attire chaque année, à coté des traditionnels expatriés, un flux croissant de jeunes entrepreneurs, étudiants et diplômés attirés par le dynamisme de l’Asie. Ces jeunes nomades ont leur(s) réseau(x), parmi lesquels Singafrog occupe une place privilégiée.Rencontre avec Emilie Lancelot-Jouno, la créatrice, de Singafrog qui décrit avec beaucoup de simplicité l’objectif du réseau: rompre l’isolement à l’arrivée, passer de bons moments ensemble et se faire des amis.

Emilie Lancelot-Jouno  fait partie de cette génération de jeunes francophones entre 25 et 35 ans qui ont élu domicile dans la cité du Lion. La présence à Singapour de grandes écoles telles que l’ESSEC ou l’INSEAD, les partenariats noués par de nombreux prestigieux établissements, HEC, Polytechnique, HEC Lausanne, avec les universités singapouriennes, attirent un flux important d’étudiants francophones. Il y a aussi ceux et celles qui viennent à Singapour faire un stage ou un VIE (Volontariat International Entreprise). Ils étaient 182 en 2011 selon les chiffres d’Ubifrance. Il y a enfin ces jeunes professionnels qui, leur diplôme en poche, ont choisi de démarrer leur carrière en Asie, comme salariés d’une entreprise sur place ou comme entrepreneurs. Emilie Lancelot-Jouno  connaît bien ces jeunes nomades, qu’elle côtoie au quotidien. Arrivée à Singapour en 2006, cette spécialiste du Fund Raising a d’abord travaillé pour l’INSEAD avant de mettre son expertise à la disposition de NUS.

Rémi, créateur de French Toast à Singapour

Rémi Malachin est le créateur de French Toast, une jeune entreprise, basée à Singapour, spécialisée dans l’enseignement du français. Arrivé à Singapour en 2008 pour rejoindre un cabinet d’architectes, il s’est depuis reconverti avec succès dans un nouveau métier.Portrait d’un entrepreneur débordant d’idées, engagé à promouvoir le français et à faire de son apprentissage un plaisir.

Rien ne prédisposait Rémi Malachin à créer une Ecole de langues. Quand il est arrivé à Singapour, en Janvier 2008, c’était pour y travailler dans un cabinet d’architectes, suite logique de ses études à Nancy. Mais à Singapour, son parcours s’est rapidement transformé : il a rencontré sa femme, a fondé une famille et s’est finalement éloigné, faute de perspectives satisfaisantes, de son métier d’origine. Un temps, il a envisagé de créer son propre cabinet d’architecture, mais ce projet paraissait difficilement compatible avec la vie de famille. En marge de missions dans le design, il a donc commencé à donner des cours particuliers de français. Très vite, il y a pris goût ; et son emploi du temps de professeur s’est rempli. En 2010, il a sauté le pas en créant French Toast, un centre de formation exclusivement consacré à l’enseignement du français.

A Singapour, fewStones met le Cloud à portée des PMEs

Jeune entreprise, créée récemment à Singapour, fewStones est spécialisée dans la prestation de services et le développement de solutions basées sur le Cloud, à destination des petites et moyennes entreprises. Sophie Normand , sa créatrice, est arrivée à Singapour en 2009 pour suivre le programme MBA de l’Insead. Diplômée de Télécom Paris et après avoir travaillé pendant 10 ans dans la gestion de projets high tech en Europe, elle avait envie de changement. Le contexte de Singapour et 2 missions dans des entreprises locales l’ont convaincue de s’installer durablement en Asie et d’y créer sa propre structure.

- Vous êtes initialement venue à Singapour pour y faire un MBA. Quelles étaient vos motivations?

- Au sortir de mes études d’ingénieur, j’ai travaillé pendant 10 ans dans le domaine de la gestion de projet, chez Alcatel en Allemagne, d’abord, puis chez Nortel, en France. En 2009,  Nortel a connu de grandes difficultés financières et a procédé à d’importantes restructurations. C’était pour moi l’opportunité de faire autre chose. A la même période, mon mari terminait un MBA à la London Business School. J’avais découvert à cette occasion l’intérêt de ce type de formation. J’ai décidé de me lancer dans la meme aventure.

Alexandre Bac, ambassadeur de la Bourgogne à Singapour

Alexandre Bac fait partie de ces quelques privilégiés qui ont saisi l’opportunité d’un VIE pour acquérir une expérience professionnelle à l’international. Pour autant, il n’en est pas, loin s’en faut, à son premier séjour à l’étranger. Arrivé à Singapour il y a 3 mois, il y est déjà parfaitement intégré et engagé dans sa mission pour le compte du Conseil Régional de Bourgogne.

- Le Conseil Régional de Bourgogne est un employeur un peu insolite à Singapour, pouvez-vous nous parlez de ses ambitions en Asie ?

- En effet, Le conseil Régional de Bourgogne tranche par rapport aux employeurs classiques de VIE. Il est présent à Singapour depuis 2005, pour faire la promotion de la Région sur le plan économique et touristique et favoriser les échanges avec les pays d’Asie.  C’est ma Responsable actuelle, aujourd’hui de retour en France, qui a ouvert le bureau de représentation. Au moment de la remplacer, à la fin de sa mission en Asie, le Conseil Général a apparemment voulu faire le choix de la jeunesse et recruter des VIE.

Adelaide Russel: l'expatriation et la plûme

Rencontre à Paris avec Adélaïde Russell. La co-auteur de « conjoint expatrié » est à l’image de ses écrits : positive, énergique et tournée vers la relation. Elle nous raconte ses expatriations passées et futures, sa passion pour la psychologie, et sa très inspirante aventure éditoriale avec Gaëlle Goutain, sa partenaire d’écriture.

Pour Adélaïde, l’expérience de l’expatriation a commencé très tôt. Elle même enfant d’expatrié, elle a vécu pendant sa petite enfance en Afrique et s’est construite là une «identité et une sensibilité nomade» qu’elle a continué de nourrir quand, étudiante, elle consacre son mémoire de maîtrise de Psychologie au vécu de l’exil, puis au travers de ses multiples expatriations, avec son mari: en Ecosse, au Venezuela, en Malaisie et aux Etats Unis.

- Comment se sont présentées ces expériences à l’étranger?

- J’ai toujours eu le goût de l’international et mon mari qui travaille dans le secteur pétrolier a vocation à beaucoup voyager. Quand la première opportunité de partir en Ecosse s’est présentée, je n’ai pas hésité. Puis les expatriations se sont enchaînées. Nous terminons un séjour de 4 années en France et repartons à nouveau cet été aux Etats-Unis.

 

Grégoire Tosser: l'expatriation en CDD

Quand l’opportunité d’un départ à l’étranger n’offre que la certitude d’un séjour de quelques mois, on peut être tenté de préférer le confort de la métropole à l’aventure de l’expatriation.«Erreur!» témoigne Grégoire.«L’expérience, quand elle est bien préparée, peut être vécue intensément. Pour nous elle est comme un rêve devenue réalité.»

Grégoire Tosser, 28 ans, rêvait  en effet depuis longtemps de vivre l’expérience de  l’expatriation.   Titulaire d’une formation en management de la presse écrite, Grégoire travaillait depuis 4 ans pour un Magazine en France. Son emploi n’emportait pas encore ce niveau de responsabilités qui vous font penser que les rêves sont seulement faits pour rêver, et c’était probablement le bon moment d’évoluer vers autre chose. Méthodique, il a, pendant 1 an, fait des recherches avec son compagnon ; oscillant tour à tour entre les charmes rassurants d’une expatriation en Europe et l’exotisme de l’Asie.

En définitive, c’est son compagnon qui a eu une opportunité : celle de réaliser une mission de 6 mois à Singapour pour le compte de son entreprise. Pour Grégoire, c’était désormais la promesse de partir, mais  aussi l’obligation de quitter son emploi en pariant sur la possibilité d’en trouver un sur place. « je l’ai fait sans état d’âme » indique l’intéressé « c’était un projet que nous avions muri et je savais, compte tenu de nos métiers respectifs, que mon compagnon avait plus de chances que moi d’être envoyé en mission à l’étranger ».

Tania Nasr, de l'anthropologie à la poterie

Anthropologue, Tania Nasr aurait pu, sa thèse de doctorat terminée, enchainer sur un parcours dans l’enseignement universitaire ou la recherche. Deux expatriations successives, en Chine puis à Singapour, en ont décidé autrement : Tania Nasr est aujourd’hui potier.Elle nous raconte son parcours inédit et le plaisir qu’elle ressent aujourd’hui à fabriquer des objets utilitaires avec ses mains.

 

Comment êtes vous devenue potier?

- Ce n’était pas ma vocation première. La poterie est en réalité une activité récente que j’ai démarrée à mon arrivée à Singapour en 2007. Auparavant, j’avais fait des études en Sciences humaines et consacré beaucoup de temps à la rédaction d’une thèse d’anthropologie.

Sur quel sujet ?

- Ma thèse portait sur la perception du paysage, sur le plateau de Millevaches, dans le Limousin; dans un contexte de conflits sociaux opposant les agriculteurs aux forestiers sur fond d’extension de la forêt. Lorsque l’on interroge les uns et les autres, on s’aperçoit que le spectacle qu’ils décrivent est profondément imprégné de leur métier et du conflit qu’ils vivent. En poussant l’analyse, on découvre que le paysage n’existe pas en tant que tel, mais qu’il est une reconstruction sociale.

Les obsessions créatrices de Florence Notte

Florence Notte présentait récemment à Singapour son dernier ouvrage, "Minimalism": une série de photographies inspirées de haïkus japonais; une flânerie méditative où l’artiste propose son regard comme un écrin à nos propres émotions. Non conventionnelle, généreuse et exigeante, Florence Notte aime d’ailleurs à brouiller les pistes: le sujet? il importe peu, ce qui compte ce sont les lignes, les couleurs et le souvenir qui surgit. L’Asie? Elle éprouve pour le Japon une familiarité troublante. Son travail de photographe? Des obsessions créatrices d’où jaillissent des instants. Ineffables réalités qu’elle saisit dans leur nudité: traces du temps sur les êtres et les choses, reflets sur une vitre, une flaque d’eau, un rouleau de plastique...

Florence Notte par Anita Vozza"Minimalism" s’ouvre sur le détail d’une goutte d’eau ondulant sur un plan d’eau. Les couleurs sont celles d’un tableau d’Hokkusai.Des herbes affleurent qui ressemblent à une calligraphie.S’agit-il d’une peinture, d’un morceau d’écriture ou d’une photographie ? Florence Notte apprécie ces incertitudes troublantes. L’image est épurée, le détail unique. L’instant surpris est tout entier offert à la personne qui le regarde, comme un support à ses pensées et le prétexte à sa méditation. L’ouvrage est né par hasard, de la rencontre d’un Haiku, ces petits poèmes japonais, que lui a fait découvrir un jour son mari. Cette découverte a entraîné la lecture de beaucoup d’autres. L’idée d’une série a germé : celle de proposer, en écho aux haïkus, une série de photographies. Dans son apparente simplicité, "Minimalism" est à l’image de son auteur,une œuvre sans affèterie et généreuse, fruit d’un travail exigeant réalisé dans la durée.