Comme dans les courses à la voile, l’aventure de la création peut être tentée en équipage ou en solitaire. Mais alors que le choix de rester seul est, en matière de régate, guidé plutôt par la personnalité du skipper et par son degré d’expérience, la décision de créer son entreprise en solo est souvent liée à l’impossibilité de faire autrement (pas d’associé potentiel, pas de moyen) et ne concerne pas, loin s’en faut, que des personnes aguerries et cherchant la solitude. Pour les créateurs qui ne possèdent ni toutes les compétences requises dans le métier qu’ils abordent, ni l’envie d’avancer seul, ni l’énergie pour prendre en charge l’ensemble des dimensions de leur projet, le réseau peut se révéler non seulement un précieux support mais aussi un véritable avantage stratégique.
Demandez à un néo-entrepreneur ce qui, dans sa nouvelle situation, lui pèse le plus ; il répondra souvent : la solitude! Certes, cette singulière compagne a ses charmes - indépendance, autonomie, flexibilité -, et l’on ne s’étonne guère que les candidats à la création y succombent promptement, vivant les premiers mois une véritable lune de miel. Mais la garce le fait payer ensuite bien cher à ses anciens amants. Le parcours du créateur est long, et semé d’une multitude d’embuches qui ne sont pas seulement administratives. Chef d’orchestre spontané, le créateur doit assumer tous les rôles, prendre en main chaque instrument, harmoniser l’ensemble, s’occuper de la régie, voire nettoyer la salle. Naviguant à vue sur une mer avare de repères et bien peu nourricière, il s’éloigne, parfois très loin, des normes de l’emploi classique, et plus il s’égare plus il rencontre, de la part de ses proches, incompréhension et doute.