L'expatrié qui arrive en Asie est d'emblée confronté à une réalité: ses collègues de travail ont changé. Une révolution copernicienne où l'on se retrouve en minorité, où les repères classiques sont bouleversés, où l’on est confronté à une abondance de messages dont on ne maîtrise pas tous les codes. L'occasion pour beaucoup de découvrir avec appétit les richesses et défis d'une Asie qui souvent fascine, mais aussi d'être confronté à une multitude de situations insolites mêlant intérêt, perplexité, humour et plaisir. Un parcours d’apprentissage qui conduit invariablement à une reconnaissance de ses propres référentiels pour mieux embrasser les différences, reconnaître les spécificités des cultures rencontrées et faire émerger des solutions pour travailler ensemble efficacement.

Avec la montée en puissance de la Chine et de l'Inde, et le succès des tigres asiatiques, la région Asie est devenue pour les entreprises comme pour les professionnels un centre d'activités actif et une destination attractive. Mais pour passionnante que soit l'expérience, travailler en Asie ne va pas de soi et l'expatrié doit savoir mesurer son bonheur au nombre des défis surmontés.
La première difficulté est celle de la langue. Adieu la facilité et les repères commodes. Il faut, sauf exception, plonger d'emblée dans un nouveau bain linguistique; un exercice où ceux et celles qui parlent bien l'anglais auront plus de facilités, mais pour lequel l'anglais académique ne sera pas suffisant car, hormi à Singapour ou Hong Kong, il s'agit désormais de travailler avec des collègues pour lesquels l'anglais est une seconde langue, et qui parfois ne maîtrisent pas d'autre idiome que celui de leur pays. A ce jeu les français, qui souvent brillent par leur accent, ne sont paradoxalement pas si défavorisés: dans un certain nombre de cas, leur anglais est plus compréhensible que celui des natifs de la langue de Shakespeare.