Des étudiants coréens sous pression

Dans un pays où le diplôme universitaire est un élément essentiel du statut et le seul moyen de mobilité sociale, les jeunes coréens sont soumis, dès l'école à une intense compétition. Si l'ardeur des lycéens et les excellents résultats académiques qu'ils obtiennent font la fierté des parents et des dirigeants, certains s'interrogent sur les limites d'un système qui fait la part belle aux écoles privées, impose aux élèves des emplois du temps extensibles et finit par produire des étudiants savants mais épuisés.

 

Il n'est pas rare pour les jeunes sud coréens d'enchainer deux journées de classe: à l'école puis dans les cours privés, les "hakwons", qui se sont imposés comme le moyen obligé pour rester dans la course aux études les plus prestigieuses, les seules qui retiennent l'attention des grandes entreprises. Ce système impose aux intéressés un rythme épuisant et une pression très forte qui ne réussit pas à tous, loin s'en faut: entre 40 et 50% des lycéens envisageraient le suicide, selon plusieurs sondages.

Dans ce contexte, un nombre croissant choisissent d'envoyer leurs enfants étudier à l'étranger, au Japon, en Asie du Sud Est ou aux Etats-Unis. En 2006, près de 30000 enfants auraient ainsi été concernés, partant vivre à l'étranger avec leur mère, cependant que le père reste travailler en Corée.

Cette situation est préoccupante. Le tissu familial, dans les familles concernées, est mis à rude épreuve. Les études à l'étranger représentent un investissement lourd pour les parents et une perte de talents précieux pour le pays; bon nombre de ces enfants choisissant de poursuivre leurs études, puis de faire carrière à l'étranger.

Dans ce contexte, des initiatives se font jour pour proposer aux jeunes coréens des opportunités de poursuivre un cursus étranger, sans quitter la Corée du Sud. Plusieurs écoles s'installent localement, à l'instar du collège Dullwich à Séoul. Le gouvernement Sud Coréen s'attache à attirer les meilleurs écoles et a même lancé à Seoguipo, au sud de la Corée, l'idée d'un campus intégré où tous le monde parlera anglais.

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