Une cave dans votre valise: cavissima!
On croyait la constitution d’une cave réservée à une élite d’amateurs éclairés, suffisamment chanceux pour posséder une cave, assez sédentaires pour rester vivre à coté. Avec le concept de cave en ligne, Cavissima réinvente notre relation au vin et met désormais ce projet à portée d’un click. Une grande nouvelle pour les expatriés qui y verront la possibilité de conserver les vins qu’ils possédaient avant de partir, de profiter du séjour à l’étranger pour faire croître et embellir leur cave à distance, de trouver enfin à leur retour, une cave bien remplie, cadeau de retour bienvenu quand s’achève l’expatriation.Entretien avec Thierry Godet, créateur de Cavissima, qui nous présente ce nouveau concept et nous parle de son parcours d’entrepreneur.

Comment fonctionne Cavissima ?
Cavissima est un site internet qui permet de se constituer une cave à distance. Le principe est simple: les personnes créent une cave en ligne. Elles prédéterminent le budget mensuel qu’elles veulent consacrer à cette activité. Nous les aidons à choisir les vins qui correspondent à leur goût et à leur projet. Nous conservons ces vins dans nos caves. Les personnes peuvent ensuite en jouir quand elles le souhaitent.
A qui cette cave en ligne est-elle destinée ?
A tous. J’ai constaté que beaucoup de personnes aiment le concept de cave, mais ne savent pas nécessairement par où commencer. Avec Cavissima, elles peuvent bénéficier d’un très large choix de vins français et surtout s’appuyer sur les conseils de John Euvrard, l’un des tout meilleurs sommeliers de France. Par ailleurs, il y a aussi tous ceux et celles qui, amoureux du vin, ne peuvent le stocker chez eux. A travers le site, ils peuvent désormais avoir une cave, certes virtuelle, mais qu’ils peuvent visiter quand ils le souhaitent, où ils peuvent inviter leurs amis, et bien sûr où ils peuvent prendre des bouteilles, cette fois bien réelles, et prendre du plaisir en les dégustant.
Vous avez, semble-t-il, particulièrement pensé aux expatriés.
En effet. J’ai vécu moi-même à plusieurs reprises en expatriation, à Prague, à New York et plus récemment à Singapour. J’ai beaucoup pensé aux expatriés en développant Cavissima. Lorsqu’on part à l’étranger et qu’on est amené à déménager régulièrement, il est difficile d’emporter ses vins et encore plus compliqué de se construire une cave. C’est assez frustrant. D’autant plus que les périodes d’expatriation peuvent être longues.L’idée, avec Cavissima est que vous pouvez utiliser le temps du séjour à l’étranger pour vous constituer tranquillement une cave qui sera comme un cadeau qui vous attend à votre retour.
Quel accueil recevez-vous à la fois des particuliers et des gens de la profession ?
Nous avons à ce stade des retours très intéressants. Le site est encore récent, puisqu’il a été mis en ligne en Janvier dernier. Déjà, de très nombreuses personnes ont été séduites, en France comme à l’étranger, et ont ouvert leur cave en ligne. Chez les professionnels, nous avons reçu un excellent accueil, car les intéressés ont perçu que notre démarche était conduite par la passion du vin et le désir de promouvoir les terroirs et le métier de vigneron. Ceux qui travaillent la vigne et le vin, le font souvent avec passion et le désir d’élever des vins qui procureront du plaisir à ceux qui les boiront. Nous sommes mûs par le même désir : faire en sorte que les gens aient du plaisir à déguster des vins de qualité.
Lorsqu’on découvre le site Cavissima on est impressionné par le coté ludique et pédagogique. C’est une intention voulue ?
Merci pour cette remarque. En effet, notre intention était de faire un site agréable dont la visite soit elle-même un moment de plaisir. C’est pourquoi nous avons mis l’accent sur le graphisme : pour que les personnes aient vraiment une impression visuelle de leur cave, qu’ils puissent sortir les bouteilles et regarder les étiquettes. Nous avons aussi beaucoup travaillé sur la présentation des vins. Pour celui ou celle qui veut mieux connaître les vins, le site offre vraiment la possibilité de se familiariser avec les terroirs, les cépages, les procédés de vinification et les millésimes. Dans ce sens, notre approche est aussi pédagogique. Nous apportons aussi énormément de soin à la sélection des vins que nous présentons. La collaboration de John Euvrard est à ce titre essentielle, qui partage ainsi sa passion et son expérience, fait des commentaires et des suggestions très utiles pour guider les choix. Enfin, nous pensons que le plaisir du vin est quelque chose que l’on aime partager, au moment de la dégustation mais aussi au travers des échanges variés que l’on peut avoir autour du vin. Sur Cavissima, les propriétaires de caves peuvent la faire visiter à leurs amis. Le site est d’ailleurs un peu conçu comme un réseau social autour du vin. Cette dimension est encore renforcée depuis que le site est interfacé avec Facebook. Désormais vous pouvez inviter vos amis sur Facebook. Vos amis peuvent créer leur propre cave, vous faire gagner des bouteilles ou vous en offrir.
Vous avez lancé le site Cavissima au retour d’une expatriation. Comment cela s’est-il passé ?
En effet, j’ai eu au retour de ma dernière expatriation l’envie de faire autre chose, de « créer » quelque chose et de voler de mes propres ailes. En faisant le tour de mes motivations, j’ai réalisé que ce que j’aimais, c’étaient le vin, les voyages, l’étranger. Mon expérience d’expatrié m’avait montré qu’il y avait un besoin dans ce domaine du vin. J’ai creusé l’idée pour tenter de trouver la meilleure façon de le satisfaire.
En quoi le fait d’avoir été expatrié a t-il favorisé votre parcours d’entrepreneur ?
L’idée elle-même est liée à cette expérience de l’étranger. Au delà, je pense que l’expatriation est une formidable école pour apprendre l’autonomie et la passion d’entreprendre. Cela m’a sans doute aidé à franchir le pas, passant de la grande entreprise à l’aventure de la création.
Précisément, quel retour d’expérience faites-vous sur cette aventure de la création?
J’ai beaucoup bénéficié des structures de support à la création qui existent en France et en particulier du Réseau Entreprendre, très dynamique dans la région lyonnaise. Ce réseau, créé à l’initiative de la famille Mulliez pour aider les jeunes entreprises à devenir in-fine créatrice d’emplois, s’est révélé extrêmement précieux. J’ai aussi fait entrer dans le capital des partenaires qui ne sont pas des actionnaires dormants mais qui font vraiment bénéficier Cavissima de leur expérience.
Ce nouveau métier est passionnant mais aussi très exigeant. Il y a beaucoup de processus à mettre en place, à valider et à développer. Aujourd’hui, je crois pouvoir dire que les fondamentaux sont en place et de très bon niveau: un sommelier de renom, une excellente base logistique, un très bon outil internet. Nous avons apparemment fait les bons choix. Nous y avons beaucoup travaillé mais cela permet de regarder l’avenir avec sérénité. Mon travail est actuellement dominé par les aspects commerciaux et marketing. J’étais récemment à Shanghai pour une dégustation de vin en compagnie de mon partenaire local. Nous avons l’ambition de généraliser cette démarche et je devrais dans l’avenir aller régulièrement, en dehors de la France, à la rencontre des expatriés. C’est plutôt une perspective agréable, partager autour de produits de grande qualité et donner aux personnes présentes la possibilité de prolonger ce plaisir avec Cavissima.
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