Ce que révèle la grève chez Honda en Chine

L'usine Honda de Foshan, en Chine, a connu récemment une grève d'une longueur inusitée. Ce mouvement social, fondé sur des revendications salariales, pourrait être le point de départ d'augmentations de salaires significatives dans un futur proche. Le fait même que le Gouvernement Chinois ait jusqu'à présent laissé la grève se poursuivre traduit le fait que les augmentations de salaires sont désormais considérées comme le moyen de stimuler la croissance d'une demande intérieure. La grève met en perspective les tendances opposée qui marquent la situation du marché de l'emploi en Chine: une pression à la baisse sur les rémunérations des jeunes diplômés; la pénurie croissante de jeunes ouvriers qualifiés dont le pouvoir de négociation est de ce fait renforcé. 

Selon un article du New York times, daté du 31 Mai, les salaires des jeunes diplômés ont en réalité décliné au cours des dernières années, l'augmentation rapide des universités en Chine ayant créé un nombre très important de travailleurs diplômés. Il y aurait aujourd'hui un surplus de ces jeunes diplômés, et une proportion croissante parmi ces derniers serait aujourd'hui sans emploi.

Le nombre croissant des jeunes chinois poursuivant des études à l'université, conjugué aux effets de la politique de l'enfant unique, aurait des conséquences opposées pour les jeunes ouvriers qualifiés. Le nombre de ces derniers, en fort déclin, entraînerait des situation de pénurie de main d'oeuvre, ce qui les mettrait en situation d'exiger de fortes hausses de salaire.

Dans ce contexte, la Chine pourrait bien voir fondre rapidement l'avantage des bas salaires productifs sur lesquels elle avait fondé son succès. Un certain nombre de sociétés seraient déjà à la recherche d'implantations dans d'autres pays, tels que le Vietnam ou le Cambodge.

 

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