3 manières de voir la participation du conjoint à la réussite de l'expatriation

Partir ou rester, c’est souvent le conjoint qui détient la clé.

Le projet d’expatriation n’est à l’évidence pas vécu de la même manière par le futur expatrié et par son conjoint. Pour le premier, l’expatriation constitue souvent une opportunité intéressante et valorisante : plus de responsabilités ou d’autonomie, l’immersion dans une nouvelle culture, la maîtrise de la langue du pays, le travail en équipe multiculturelle ; autant d’éléments qui pourront être valorisés pour progresser ensuite dans l’entreprise ou à l’extérieur. Pour le second, le départ à l’étranger est d’abord une rupture : quitter son emploi, avec la possibilité ou non d’en rechercher dans le pays d’accueil ; passer, parfois durablement, du statut d’actif à celui d’inactif. Partir, c’est prendre le risque non seulement de ne pas travailler pendant quelques années mais parfois aussi d’abandonner des pistes d’évolution rapide.

L’opportunité du séjour à l’étranger peut intervenir à point nommé, au moment où le conjoint souhaitait faire une pause, se consacrer davantage aux enfants voire à l’agrandissement de la famille. Dans d’autres cas, la faisabilité du départ bute d’emblée sur l’activité professionnelle du conjoint : contrainte majeure pour le cadre, qui s’interdit toute mobilité internationale et peut se fermer certaines portes dans la gestion de son parcours professionnel ; souci récurrent pour l’entreprise, confrontée à la difficulté de recruter ou de développer des cadres mobiles à l’international, et contrainte de gérer des ressources, parfois à fort potentiel, qui ne le sont pas.

Les aspects logistiques de l’expatriation sont souvent de facto pris en charge par le conjoint.

Le départ à l’étranger implique, sur le plan pratique, un investissement considérable : passeports, visas, vaccinations, assurances, impôts, comptes bancaires, recherche d’un logement, déménagement, emménagement, inscriptions des enfants à l’école,…. Il n’est pas rare que les délais soient courts, et l’expatrié, partagé entre l’emploi qu’il quitte et son nouveau poste, parfois parti en éclaireur plusieurs mois avant le reste de la famille, confronté -souvent- à des horaires extensibles, est rarement disponible pour s’en occuper. Dans un grand nombre de situations, c’est par conséquent le conjoint qui prend en charge ces aspects logistiques et qui, au-delà de l’installation, va être l’artisan privilégié de l’adaptation de la famille à son nouvel environnement.

L’impact du conjoint sur la performance de l’expatrié

Lorsque l’intégration de la famille se fait mal, que les enfants sont perturbés par le nouvel environnement ou que le conjoint, privé d’activité professionnelle, loin de ses parents et amis, étranger à la langue et à la culture du pays, étouffant dans le cercle trop restreint de la communauté expatriée, fait une expérience prolongée du « choc culturel », il est rare que la situation n’ait pas d’influence sur l’expatrié lui-même, et sur sa performance dans l’emploi. Les difficultés d’adaptation de la famille sont générateurs de stress pour l’ensemble de ses membres et constituent d’ailleurs l’une des principales causes d’échec des expatriations.

A contrario, lorsque le conjoint vit bien son expatriation, qu’il a fait les efforts d’adaptation à la culture du pays et a développé de nouveaux réseaux, il sera capable, le cas échéant, d’aider l’expatrié à s’intégrer lui-même au-delà de la sphère strictement professionnelle, voire de le supporter dans un rôle, éventuel mais fréquent, de représentation sociale.

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